mercredi 19 décembre 2007

Eh oui, je l'ai fait !!!


Eh oui, c'est fait, j'ai égorgé mon premier mouton cet Aid. J'ai même fait mieux, j'en ai égorgé deux mais je vais m'abstenir de vous en donner la preuve, par respect des âmes sensibles.
Toutefois, je voudrais partager ma "grande" expérience avec autrui, donc je vais vous donner le mode d'emploi "kifech tjor 3al 3alouch betarika al touniso-islameya" ("comment égorger un mouton dans le respect de la tradition tuniso-musulmane").

1- Tout d'abord, il faut bien aiguiser les skakens afin de faciliter l'acte d'offrande et ainsi ne pas faire souffrir l'animal, une règle d'or à respecter.

2- Si vous avez deux ou plusieurs moutons à égorger, il ne faut surtout pas que ces bêtes assistent au sacrifice d'une d'entre elles. C'est une haycha bakma, mais qui ressent la peur comme tout être humain.

3- Après avoir attraper le mouton, mis par terre et diriger sa tête vers el kebla, il faudra lui tenir les pattes parce qu'il risque de ne pas être d'accord avec ce que vous entreprenez de lui faire.

4- Vous prenez le couteau super aiguisé (attention, un accident est vite arrivé), vous exprimer la neya (il y a bien un dou3a à dire) et vous préciser le propriétaire de cette dhe7eya (son prénom et celui de sa mère "X fils de Y").

5- Vous tenez entre vos doigts la sorte de pomme d'Adam du mouton qu'on appel "Rou7", vous louer le seigneur ("ALAH AKBAR") et d'un geste sec vous essayer de lui trancher les carotides, sans lever le couteau de la gorge car c'est dans ce cas la que la bête souffre le plus. Si le sang continue à circuler au cerveau pendant ce bref moment, j'imagine que l'animal risque de souffrir. En coupant l'artère qui mène au cerveau, on abrège ces souffrance.

6- Une fois égorgé, vous devez laisser la bête se secouer et soupirer ses derniers souffles. Son corps risque bech yetsakek, contractions de muscles oblige.

7- Après un moment, vous devez déplacer l'animal près de l'endroit où il sera accroché. Préparer au préalable un crochet bien propre disponible dans les toutes les quincailleries.

8- Vous prenez une patte de l'animal et vous percez la chaire au niveau de l'articulation afin de faire un trou. Commence ici une étape beaucoup plus difficile, "el salkhan", le dépouillement. Ce trou qui doit être assez profond mais pas dans la chair mais plutôt en dessous de le peau, est fait pour pouvoir "gonfler" le mouton et faciliter el salkhan. On peut utiliser une pompe ou bien souffler soit même, pour les adeptes des grandes frissons.

9- Une fois "el leya" ( l'arrière train) assez gonflée, la carcasse est prête à être dépouiller. En s'aidant d'un petit couteau assez aiguisé et d'une grande dextérité, on commence à enlever la peau de l'animal. On risque de perdre quelques grammes de viande ou de trouer el jeld (la peau), mais ce n'est pas bien grave si on ne comptait pas en faire des oreillers.

10- On décapite ensuite le mouton et on lui brise les pattes au niveau des articulations afin de les carboniser après en vue d'une bonne "hergema bel sakin" ou "ras fel four".

11- Après avoir accrochée la carcasse de l'animal dans une fenêtre ou toute autre chose, on lui ouvre l'abdomen pour en faire sortir toutes les richesses: foi, coeur,poumons et surtout intestins pour en faire l'invention tunisienne par excellence "El osben". Toutefois, il faut faire très attention à ces "conduits", un accident est vite arrivé.

12- Ça y est, c'est fini, il ne reste qu'à découper la viande pour un bon mechoui en prenant soin de découper l'épaule droite de l'animal (la patte de devant) afin de la donner à ceux qui sont dans le besoin, car l'Aid n'est pas une question de lham, mais plutôt de solidarité d'esprit de famille.
( j'espère que je n'ai pas dit de conneries au sujet du rituel).


SNIN DAIMA

3 commentaires:

Anonyme a dit…

"et surtout intestins pour en faire l'invention tunisienne par excellence "El osben". "

ya oueldi chkone ali 9allek invention tunisienne ?

Tu sais pas que les écossais aiment la panse de brebis farçie .
De deux choses l'une, ou bien c'est eux qui l'on inventé et qui nous l'on transmis à l'époque ou ils venaient se fritter(se battre) avec nous a mahdya et ailleurs ou bien c'est nous qui l'avons inventé et ils l'ont découvert chez nous quand ils nous ont attaqués et piqués nos femmes . C'est d'ailleurs pour ça que l'on a pas mal de caractéristiques normandes dans ce coin et alentour . C'est d'ailleurs grâce a la panse de brebis farcie qu'a été inventé le football .Surement que des gens qui ne l'aimaient pas on tapé dedans avec leur pieds et tout le monde s'est mis à vouloir faire de même et c'est comme ça qu'est né le footabbal .
Ama al mochkla al kbirra fel kourra rana zéro .

Sinon fama entrainement avant ou bien c'est direct a la gorge ?

El Karkeni a dit…

ben non, ya pas d'entraînement.
C'est pour cela que le premier que tu égorge 3andou Thwab, celui de t'avoir servit de cobaye.

Anonyme a dit…

Ma religion me dit d'égorger tes futures enfants.

Je commencerais par leur enfoncer tendrement une lame dans la gorge, je la tournerais délicatement pour les faire un peu plus crier de seconde en seconde. Ensuite, je les dépècerais, les scarifierais, et pour finir, je les démembrerais.

Au revoir, cet acte s'annonce plaisant. Merci !